La Champagne… en un clin d’œil

Bien que regroupés sous une unique bannière, les vins de Champagne peuvent offrir des profils gustatifs très différents, certains se destinant à l’apéritif, d’autres au dessert voire même au plat principal. Et la région réserve aussi quelques surprises…

Le pro­ces­sus d’élaboration du cham­pagne per­met de jouer sur dif­fé­rents para­mètres et d’élaborer un éven­tail de vins très large.

Les quatre piliers du champagne

De la vigne à la bou­teille, quatre fac­teurs inter­viennent qui influent sur le type et le style du champagne :

  1. Le ter­roir : cer­tains vil­lages de la région sont clas­sés en pre­mier ou grand cru. Si tous les rai­sins pro­viennent de tels vil­lages, la men­tion peut figu­rer sur l’étiquette. Pour être hon­nête, cela n’a pas une inci­dence majeure sur la qua­li­té du vin… mais mieux vaut le savoir !
  2. Les cépages : trois cépages prin­ci­paux sont uti­li­sés en Cham­pagne, deux noirs (pinot noir et meu­nier) et un blanc (char­don­nay). Avec le seul char­don­nay, on obtient un « blanc de blancs » (com­prendre « cham­pagne blanc issu de rai­sins blancs ») aérien et léger, par­fait pour l’apéritif. Avec les pinots, des « blancs de noirs » plus vineux pou­vant accom­pa­gner une viande blanche. On peut aus­si avoir un assem­blage de cépages noirs et blancs, cas d’ailleurs le plus fré­quent. Enfin, il est auto­ri­sé d’ajouter un peu de vin rouge au vin blanc de base afin de don­ner un cham­pagne rosé.
  3. Le mil­lé­sime : la plu­part des cham­pagnes sont issus d’assemblage de vins de dif­fé­rentes années. Cela per­met de marier la fraî­cheur du der­nier mil­lé­sime à la matu­ri­té de vins plus âgés, afin d’obtenir un goût constant, signa­ture de la mai­son. Mais les meilleures années sont aus­si embou­teillées seules, don­nant ain­si un cham­pagne mil­lé­si­mé, plus qualitatif.
  4. Le dosage : en fin d’élaboration, le pro­duc­teur ajoute pour com­plé­ter les bou­teilles un mélange de vin et de sucre appe­lé « liqueur de dosage ». Selon le niveau de sucre, on aura des cham­pagnes allant du plus sec (extra-brut ou brut nature avec pas ou très peu de sucre) au plus doux (plus de 50 g/l, l’équivalent d’un vin moelleux).

Le pro­fil de cham­pagne le plus fré­quent est un brut, non mil­lé­si­mé (mélange de dif­fé­rents mil­lé­simes), issu d’un assem­blage de cépages noirs et blanc et sans indi­ca­tion de cru.

Un vignoble morcelé

Foca­li­sé sur les varia­tions de style du cham­pagne, on en oublie par­fois de regar­der la géo­gra­phie du vignoble.

Éta­lée sur cinq dépar­te­ments (la Marne (66%), l’Aube (23%) et l’Aisne (10%), plus quelques confet­tis en Haute-Marne et Seine-et-Marne), la Cham­pagne se divise en quatre régions, qui cha­cune favo­rise un cépage :

  • la Mon­tagne de Reims (pinot noir),
  • la Val­lée de la Marne (pinot meunier),
  • la Côte des Blancs (pro­lon­gée de la Côte de Sézanne), qui tire son nom du chardonnay,
  • la Côte des Bar, entiè­re­ment située dans l’Aube (pinot noir).

L’autre Champagne

Trois cépages seulement ?

Le cham­pagne est éla­bo­ré à par­tir de trois cépages, un blanc (char­don­nay) et deux noirs (pinot noir, pinot meu­nier), c’est entendu. 

Pour­tant si vous vous plon­gez dans les textes offi­ciels, le fameux « cahier des charges » de l’AOC cham­pagne, vous en comp­te­rez… quatre autres ! Arbane, petit-mes­lier, pinot gris et pinot blanc, quatre résis­tants qui repré­sentent moins d’un petit pourcent du vignoble mais que cer­tains pro­duc­teurs mettent à l’honneur dans des cuvées spé­ciales. A dénicher !

Une seule appellation ?

Un seul vin en Cham­pagne, vrai­ment ? Un seul effer­ves­cent, oui, mais il existe deux AOC de vins tran­quilles dans la région : les coteaux-cham­pe­nois et le rosé-des-riceys.

Les pre­miers sont pro­duits sur la même aire que le cham­pagne, en rouge, blanc ou rosé. Comme le cham­pagne, ils sont le plus sou­vent sans mil­lé­sime, mais avec indi­ca­tion de leur vil­lage d’origine : Bou­zy, Ver­tus, Aÿ… 

Le deuxième est un vin très par­ti­cu­lier, éla­bo­ré uni­que­ment dans l’Aube autour du vil­lage des Riceys. Un rosé de pinot noir, pro­fond et vineux, au goût très spé­ci­fique mêlant fruits rouges et amande, et qui peut se gar­der plu­sieurs années. A décou­vrir absolument.


Le conseil de Jean

Pour­quoi ne pas essayer un repas « tout cham­pagne » ? Un blanc de blancs à l’apéritif et sur une entrée marine, puis un blanc de noirs (voire un rosé) sur une viande blanche, pour finir par un demi-sec (oiseau rare) sur le des­sert. Une vraie découverte !